LA PÉPÉ D'OCTOBRE 1997
Joyce
| Natasha | ![]() |
Joyce Roodnat (n 1955)
est chef de la rubrique 'Beaux Arts' du grand quotidien NRC
Handelsblad.
"Mais cela fait vraiment longtemps, c'était quand mon père
était encore jeune et sauvage, et s'était - une fois de plus
- retrouvé célibataire forcé. Je regardais les photos
avec curiosité, mais aussi avec jalousie: pourquoi moi, je n'étais
pas batie comme ca?? Mon père, lui lisait Playboy
pour les interviews. Du moins, c'était ce qu'il me disait, et pourquoi
ne l'aurais-je pas cru? Mais pendant longtemps, il y avait une 'playmate'
qui pendait dans son appartement (aux toilettes? dans le couloir? dans
son bureau? Je ne m'en souvient plus), et qui datait des années
soixante-dix. Le papier glacé était devenu rugueux et commencait
à se déchirer, les punaises rouillaient, mais pour moi elle
était, et est restée un rève: Je n'ai finalement jamais lu dans Playboy, et je prèfére, pour ce qui est de cette facon typiquement américaine de faire des interviews, toujours impertinente mais pudique en mème temps, et pleine de détails tout à fait incongrus, lire 'Rolling Stone'. Les Américains sont champions pour l'info, et ils ont le meileurs quotidien du monde . Et sur l'Internet aussi, ce sont leurs magazines que je préfère. Bien sûr, je cherche parfois dans Writer's Block, parce qu'il y a dessus des jeunes auteurs néerlandais amusants, mais cela ne me suffit pas, et c'est seulement par les États-Unis que je peut me tenir au courrant des dernières frasques de ma beuglante favorite Camille Paglia, Et c'est là seulement que je peux me mèler à une campagne anti-censure vraiment sérieuse. Dans mon travail, la critique d'art, il m'est possible de vivre mon attachement au théatre. Mais lire (www.girlsonfilm.com) et ecrire (us.imdb.com) sur le cinéma est ce que je préfère. Vivre les films européens et américains, dans le noir des salles de projections aux festival et à travers tous les personnages qui les peuplent. Pourquoi? Difficile à expliquer. Peut-etre parce que, à dix-huit ans, j'essayais déjà d'aller tous les après-midi au cinoche. Parce que , encore maintenant, je pleure à chaude larmes à toutes les fins de My Fair Lady. Parce que je rève de Tommy Lee Jones depuis des années. Parce que..." .
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